Sortir le Togo du gouffre

Selon la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), certains indicateurs sont dans le rouge depuis quelques années au Togo. Il s'agit notamment du déficit commercial qui était déjà structurel mais qui atteint désormais des proportions inquiétantes. En 2015 par exemple, il a dépassé les 80 milliards  de Fcfa selon les conclusions du 7e rapport de la BCEAO portant sur les comptes extérieurs du pays.

Eviter le recours excessif à la dette

Les résultats de nombreux rapports font ressortir un excédent commercial de 114.995 millions de Fcfa en 2015 contre 76.940 millions un an auparavant et un déficit courant hors dons publics qui s'est estimé à 13% du PIB la même année contre 12% en 2014 et entre les deux années, le déficit du solde  courant s'est hissé à quelques 46.190 milliards de Fcfa.

De manière générale donc, la position extérieure globale nette  du pays a enregistré un  repli prononcé en 2015, une situation qui s'est poursuivie en 2016 et qui explique le déficit structurel enregistré déjà en 2015.

Le recours du Togo aux institutions financières internationales ces derniers mois est-il un appel du pays afin de pouvoir équilibrer ses comptes macroéconomiques ?

La problématique de la dette publique

Selon le rapport économique, financier et social 2016 du ministère togolais de l’Économie et des Finances, les dettes publiques extérieure et intérieure du Togo atteignaient un total de 1 881 milliards F CFA (environ 2,8 milliards d’euros). Un niveau d’endettement public passé de 48,6% à 75,4% du PIB togolais entre 2011 et 2015, et dont le remboursement mettait le budget public « sous pression », estimait le FMI lors d’une revue de routine de la situation économique togolaise conclue le 3 novembre 2016. On estime aujourd'hui le taux d'endettement à 84% du PIB, le plus élevé de la région Ouest-Africaine...

Maîtriser de la dette pour relever le pays

Il n'y a pas de miracle pour se sortir de cette impasse. Le Togo le Togo devra nécessairement  diversifier les produits qui sont exportés et expérimenter l’industrialisation pour réduire l'importation des produits manufacturés. La production cotonnière de la campagne 2016-2017 s'est soldé par des  résultats déjà assez satisfaisants mais il faudrait penser à transformer le coton brut. Les piste de solution existent et doivent passer par un assainissement des pouvoirs publics:

  • la réduction des frais d'Etat et des dépenses de prestige (limitation des voyages présidentiels);
  • la coopération régionale pour les produits développés dans la proximité;
  • mécanisation et industrialisation douce.

Le déficit budgétaire, qui ressortait à 7,8 % du PIB en 2015, a toutefois continué de se détériorer en 2016 pour atteindre 9,6 %, tandis que l’accumulation des arriérés de dépenses publiques s’élevait à environ 5,7 % du PIB à la fin de l’année dernière. Le ratio de la dette publique par rapport au PIB a grimpé de 75,6 % du PIB à 80,8 % entre 2015 et 2016 ; ce taux, qui dépasse le seuil de 70 % requis par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), correspond au niveau le plus élevé en Afrique de l’Ouest. Les conséquences pour la population sont assez sensibles.

  • En matière de santé
    Les investissements sont presque inexistants, forçant les populations nanties à des exils médicaux vers les pays voisins ou même plus loin vers Israël, la Chine, le Maroc ou la France.
  • Un système d'éducation asphyxié
    Les écoles et universités sont dans une logique de grèves permanentes pour réclamer des améliorations financières qui n'arrivent jamais.
  • Pauvreté endémique des populations rurales
    Malgré les nombreux projets et une politique à la base présentée comme très active, les villages souffrent d'une pauvreté extrême, avec, certaines fois, un repas par jour pour les populations.
  • Malgré les investissements de ces dernières années, les infrastructures de base restent limitées
    Un Togolais sur deux n’a pas accès à l’eau potable et à l’électricité, 55,1 % de la population vit dans la pauvreté, et le pays ne compte qu’un médecin pour 14 500 habitants.

La croissance économique est estimée à 4,5 % pour 2017 contre 5 % en 2016. Projetée à 5 % pour 2018, elle pourrait atteindre 5,3 % en 2019, à condition que les précipitations restent favorables et que le climat politique se calme. Dans un contexte marqué par la recrudescence de manifestations politiques, l’organisation d’élections législatives et locales en 2018, et éventuellement d’un référendum sur la constitution, pourrait ralentir l’activité économique.

Solution politique: une transition avec une alternance effective dès les élections prochaines.

Solution économique: La diversification des productions à l'export et une plus grande collaboration avec les pays de la région.

  • Un programme économique ambitieux pour le Togo pourrait permettre de baisser la dette publique de 84.0 %  du PIB en 2018 à 50 % à l’horizon 2021.
  • L'assainissement du monde des affaires, la mise en place d’un fonds pour l’entrepreneuriat permettront très certainement à court terme de favoriser la promotion de l’agro-industrie.
  • L'augmentation du SMIG permettra de dynamiser la consommation locale et le moral des ménages.